Vers une langue universelle ?

 

Vers une langue universelle ?

 

À l’heure de la mondialisation, du 2.0, des rythmes frénétiques et des moyens de communication plus rapides que la lumière, une question mérite que l’on s’y attarde un peu : pourquoi n’avons-nous pas encore adopté de langue universelle ? Est-ce envisageable ?

 

 expressões que você precisa saber

Tout d’abord, jetons un œil à l’évolution des langues dans le monde.

 

Il n’est pas évident de savoir combien de langues et dialectes sont parlés dans le monde. Certains estiment qu’il en existe près de 7000 contre plus de 10 000 il y a plusieurs centaines d’années. Les vagues de colonisation, les conflits et les violences contre les peuples autochtones mais aussi la mondialisation et l’urbanisation sont responsables de ce déclin. En effet, si vous viviez dans un village enclavé dans une région appauvrie, il est fort probable que vous cherchiez un meilleur avenir dans un des centres urbains, n’est ce pas ? Dans ce cas, votre langue ou dialecte natal serait probablement oublié au profit de la langue parlée et partagée par les citadins.

Or, il faut beaucoup de temps pour qu’une nouvelle langue apparaisse. Un des cas de figure est celui du « pidgin » (définition ici) qui peut apparaître, sans grammaire particulière, et évoluer vers une forme de créole puis de langue. Imaginons un scénario : deux conjoints ne parlent pas la même langue et communiquent en ayant recours à des mélanges de mots simples, de sons et de gestes, ce qui forme un pidgin à eux. Chacun garde sa langue maternelle, bien sûr, mais voilà qu’ils décident d’avoir des enfants : la langue maternelle de ces enfants sera alors… le pidgin des parents. Si ce schéma se reproduit dans un groupe d’individus de manière permanente, alors le pidgin évoluera et deviendra une langue à part entière avec ses propres règles de grammaire.

 

 

Pas de langue universelle, donc, pourquoi ?

 

1 langue, 1 identité

La première explication de notre richesse linguistique se trouve certainement dans ce que cache réellement une langue. Une langue, c’est une culture à part entière.

Marc Ettlinger est phonéticien pour le ministère des anciens combattants américain. Il déclare que « la manière de nous exprimer communique un nombre incalculable d’éléments sur qui nous sommes. Parce que nous avons chacun notre identité propre, nous avons des langues différentes ». Il ajoute « certains pensaient qu’avec l’invention de la télévision, les dialectes allaient s’homogénéiser et que les gens parleraient des dialectes génériques dotés de prestige social. Mais il s’avère que les dialectes ont divergé aux Etats-Unis du fait justement de l’homogénéisation des médias. Les gens recherchent encore plus de moyens de se différencier les uns par rapport aux autres. »

Plus qu’une culture donc, une langue est avant tout une identité.

Un autre exemple bien connu de ce phénomène est le suivant : des jeunes de banlieue française qui écoutent du rap peuvent consciemment ou inconsciemment choisir d’utiliser un dialecte anglais urbain auquel ils n’ont jamais été en contact avant. Le mélange des deux dialectes – celui d’origine et l’anglais urbain – communique au reste du monde quelque chose de la personnalité du locuteur.

 

 

Chacun défend sa part de gâteau

D’autres explications d’ordre technique expliquent également l’absence de langue universelle au 21e siècle. En bref, tout le monde n’a pas accès aux mêmes moyens, tels qu’Internet, qui faciliteraient grandement la diffusion d’une langue universelle, et plus rapidement. Par ailleurs, qui dit universalité dit accepté par tous… et cela rejoint l’argument culturel : comment mettre tous les locuteurs d’accord sur la prononciation, les règles de grammaire et l’étymologie des noms ? Une mission quasi-impossible quand on regarde les nombreux sujets d’actualité brûlants pour lesquels un consensus entre une poignée nations est inenvisageable…

En effet, les pays ont bien souvent intérêt pour des raisons économiques et/ou politiques à préserver leur propre langue. Une étape importante de l’évolution d’une langue est d’ailleurs l’évolution du registre technique. Ceci implique que la langue s’est formalisée au point d’être utilisée dans les milieux universitaires et juridiques : thèses, textes de loi etc.

Par ailleurs, pour bon nombre de locuteurs, parler une langue donnée c’est comme clamer haut et fort : « j’existe ». C’est pourquoi les langues telles que le basque ou le kurde sont si importantes pour leurs locuteurs. Elles leur donnent une existence, et peuvent devenir un véritable argument politique.

 

 

Esperanto, où es-tu ?

 

Pourtant, il y a eu au fil des années plusieurs tentatives pour créer une langue humaine universelle, bon nombre d’entre vous ont sûrement entendu parler de l’Esperanto, une langue construite de toute pièce qui n’a pas convaincu et n’est parlée que par les esperantophones convaincus. Il s’agit pourtant de la tentative la plus aboutie de création d’une langue universelle.

Pourquoi un tel échec ? Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, parce qu’une langue construite de toute pièce ne fait écho à aucune identité culturelle et n’évolue pas de la même manière qu’une langue classique. D’ailleurs, toute langue évolue en fonction de ses locuteurs, ainsi même l’Esperanto serait voué à être parlé différemment en Amérique ou en Europe, évoluant au contact d’autres langues et dialectes.

 

L’universalité ne serait finalement qu’une utopie…

 

Pour en savoir plus, voici un excellent article (en anglais) : http://motherboard.vice.com/read/why-humans-dont-have-a-universal-language

 

 

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Anne-Claire Grégoire pour CourseFinders

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