Mais pourquoi les anglais s’excusent-ils tant ?

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Mais pourquoi les anglais s’excusent-ils tant ?

Les anglais sont connus pour leur exquise politesse et la frequence a laquelle ils s’excusent. Meme lorsqu’ils ne sont pas en tort.

Mais la realite est-elle a la hauteur des chiffres ? Et s’excuser si souvent est-il vraiement si genant ?

“Sorry” est probablement le mot le plus usite du Royaume-Unis : que ce soit en raison du mauvais temps ou ou parceque quelqu’un les a bouscule, il y a de fortes chances pour que votre britannique ait presente ses excuses au moins une fois dans l’heure precedente.

Une étude récente sur un panel de plus de 1000 anglais a montré qu’en moyenne ils utilisent “sorry” à peu pres huit fois par jour. Et qu’une personne sur huit s’excuse jusqu’à vingt fois par jour.

“La capacité avec laquelle un anglais s’excuse pour quelque chose qu’il n’a pas fait est impressionnante, et reflète sa capacité à ne pas s’excuser pour quelque chose qu’il a fait” remarque Henry Hitchings dans son livre nomme à juste titre : Sorry.

Mais l’étude a trouvé des similarités entre le panel américain et le panel anglais : presque les trois-quart de chacun des ressortissants s’excuseraient d’interrompre quelqu’un. Et 84% des anglais présenteraient leurs excuses lors d’un retard à un rendez-vous , contre 74% des américains.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Cependant, demander à quelqu’un ce qu’il ferait dans une situation donnée peut s’avérer bien différent de la réalité. Prenez le dernier exemple, dans un sondage YouGov, 36% des anglais affirment s’excuser pour une maladresse don’t ils ne sont pas responsables, contre 24% des américains.

Mais dans son livre Watching the English, l’anthropologue sociale Kate Fox montre des situations expérimentales dans lesquelles elle a délibérement heurté des centaines d’inconnus dans divers endroits d’Angleterre. Elle a également encouragé ses collègues à en faire autant à l’étranger, afin de comparer.

Fox a pu constater que près de 80% de ses victimes anglaises avaient dit ‘sorry’ – même dans les cas où les collisions relevaient de manière évidente de la faute de Fox. Souvent, l’excuse était marmonnée, et prononcée sans réelle intention. Mais comparé aux touristes d’autres pays dans lesquels elle était volontairement entrée, la différence était très marquée. “Seuls les japonais paraissent avoir un reflexe d’excuse similaire à celui des anglais” écrit Fox.

L’origine du mot ‘sorry’ est retracée au viel anglais ‘sarig’ qui veut dire  “en détresse, regret, empli de chagrin” ; bien entendu, la plupart des anglais utilise ce mot de manière beaucoup plus informelle. Ce qui met en lumiere une nouvelle problématique dans l’étude des habitudes culturelles dans les langues : “Nous utilisons le mot ‘sorry’ de différente manière,” remarque Edwin Battistella, un expert linguistique de la Southern Oregon University et auteur de Sorry About That: The Language of Public Apology. Les anglais pourraient dire ‘sorry’ plus souvent, mais ca ne veut en rien dire qu’ils sont plus marris que les autres.

“Nous pouvons utiliser ‘Sorry’ de maniere empathique – ce qui me ferait dire ‘sorry about the rain’ (je suis desolee pour le temps),” explique Battistella. “Il se peut qu’anglais et canadiens utilisent ‘sorry’ de cette maniere plus souvent, mais il ne sont pas reellement en train de s’excuser en soi. D’autres chercheurs ont evoque l’utilisation de ‘sorry’ pour la communication inter classes sociales, ou, d’une certaine maniere, on s’excuse des privileges acquis.

La societe anglaise attend que ses membres agssent de maniere respectueuse et respecte l’espace personnal des autres, cela sans attirer l’attention sur soi. C’est une caracteristque que les linguistes appellent la politesse negative. Les Etats-Unis en revanche, sont une société de politesse positive caractérisée par la camaraderie et le désir d’appartenance a un groupe.

En conséquence, les anglais semblent parfois utiliser l’excuse “sorry” de manière inappropriée pour les étrangers, même pour les américains.

Les anglais vont dire “sorry” à une personne qu’ils ne connaissent pas quand ils s’apprêtent à lui demander un renseignement, ou à s’asseoir à côté d’elle, et parceque ne pas s’excuser constituerait une intrusion plus grande encore dans l’espace privé de cette personne.

“Notre manière excessive, souvent mal appropriée, parfois déroutante d’utiliser cette expression la prive de sens et la rend difficile à comprendre pour les étrangers peu familiers de nos habitudes” expliquer Fox.

Cependant, je ne crois pas que s’excuser si souvent soit si mal. c’est même plutôt intéressant dans le contexte de la culture de la politesse négative… Parmi l’ensemble des mots qu’un pays peut inclure dans ses habitudes langagières de manière intempestive, “sorry” n’est évidemment pas le pire.

L’on peut accorder d’autres avantages à l’utilisation intempestive de cette expression : elle crée un climat de confiance par exemple.

Curieusement, cela est s’avère vrai même dans le cas d’excuses proférées dans des situations qui ne sont pas du fait de notre interlocuteur.

Une étude menée par la Harvard Business School’s, Alison Wood Brooks et ses collègues ont fait appel aux services d’un acteur. Lors d’une journée pluvieuse, on lui a demandé, chercher à emprunter le téléphone portable de 65 personnes dans une gare américaine. Dans la moitié des cas, il entrait en matière avec un “Sorry about the rain”. Dans 47% des cas, on lui a prêté le téléphone demandé. dans l’autre moitié des cas, au contraire, alors qu’il n’utilisait pas cette expression, seules 9% des personnes contactées le lui on donné.  D’autres mises en situation expérimentales ont permis de confirmer que ce qui avait compté dans le résultat positif de la demande, était l’excuse au sujet du temps pas la qualité de la politesse dans lors de la prise de contact.

“En disant : ‘I’m sorry about the rain’, l’étranger qui s’excuse de manière superficielle reconnait une circonstance désolante, prend en compte la perspective de celle qui en est victime et exprime son empathie pour cette situation négative. Alors même que cette situation est en dehors de son pouvoir” explique Wood Brooks.

Bien entendu, les anglais ne sont pas les seuls a1 être connus pour leur capacité à présenter leurs excuses.

On attend également des femmes qu’elles le fassent.  Afin de mesurer si le stéréotype était fondé, Schumann fit appel à un groupe d’étudiants universitaires et leur demanda de tenir un journal sur douze jours. Ils notèrent chacune des situations dans lesquelles ils estimaient qu’une excuse était nécessaire et s’ils l’avaient reçue ou non. il fut revile que les femmes s’excusaient d’un “sorry” plus souvent que les hommes, mais elles attendaient également des excuses plus souvent que les hommes, qu’elles soient victimes ou responsables de la situation négative. Une fois que ce fait fut pris en compte,    on a pu s’apercevoir qu’hommes et femmes  entaient chacun autant à même de présenter leurs excuses en cas d’infraction. “Il semble donc que les hommes ne s’excusent pas moins que les femmes, mais plutôt qu’ils considèrent moins de situations comme étant préjudiciables, donc dignes d’excuse” remarque Schumann.

Serait-ce un signe de faiblesse ?

Que faire, alors, quand nous pensons qu’une situation ou un événement ne mérite pas en soi d’excuses ?

Vaut-il mieux mettre votre mouchoir sur votre ego et présenter vos excuses ? Ou, comme le légendaire acteur John Wayne l’a dit, s’excuser serait un signe de faiblesse ?

“Les gens (les américains) s’inquiètent du fait que présenter ses excuses les tiennes pour responsables de la situation. Ils ne voient pas cela comme une simple marque de sympathie envers la victime de la situation” explique Wood Brooks avant d’ajouter que les excuses efficaces sont celles qui s’adressent aux émotions de celui qui les reçoit. Il ne s’agit pas de prouver quoique ce soit. De bonnes excuses ont peu de chances de porter à conséquence de manière négative. Au contraire, il est probable qu’elle augmente la confiance comparé à une absence complète d’excuses.”

Quant à la manière de procéder, Battistella conseille ceci : “La meilleure manière de procéder  est la manière que vous a enseignée votre mère.” Imaginez que vous venez de lancer un caillou à votre frère. “Elle vous demanderait d’aller le voir, de le regarder dans les yeux, et de lui dire : ‘Je suis désolé de t’avoir lancé ce caillou ; je ne le ferai plus’. Il est important de nommer ce que vous avez fait et de vous montrer un tant soi peu repentant. Il faut aussi vous montrer pénitent et indiquer ce qui sera différent à l’avenir” explique Battistella.

Combien de fois il vous sera nécessaire de répéter l’excuse variera selon l’endroit dans lequel vous vivez. Wood Brooks et l’étudiant à Harvard Grant Donnelly ont réuni les premières  données impliquant que, pour une légère infraction, le nombre optimal est “I’m sorry” (“je suis désolé”).

Selon Wood Brooks, “Si l’infraction est plus importante, deux excuses seront alors nécessaires à montrer votre sympathie, votre remord, et reconstruire la confiance et l’amitié ébréchées.”

Evidemment, si vous êtes anglais, vous aurez peut-être besoin de doubler ce nombre. “Un simple ‘sorry’ ne compte pas réellement pour une excuse : il faut la répéter et l’embellir à la louche” explique Fox. Et présentez vos excuses pour la pluie tant que vous y êtes !

Traduit de l’anglais par Dorice Carlier

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http://www.bbc.com/future/story/20160223-why-do-the-british-say-sorry-so-much.

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